communiqué du CALTel un marronnier de rentrée, l’avant-dernier vendredi du mois d’août voit régulièrement naître une revendication financière du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique. Cette demande, sous couvert d’égalité, vise surtout à renforcer l’existence des écoles catholiques. Soit d’un système où la religion prend toujours part à l’éducation scolaire des générations futures, grâce aux deniers publics. Pour le Centre d’Action Laïque, les choses sont claires : si l’enseignement privé confessionnel veut obtenir le même financement que l’enseignement public, qu’il en assume les mêmes obligations, notamment en organisant le cours de philosophie et de citoyenneté tout au long de la scolarité.

Cette fois-ci, à l’occasion de son université d’été, le directeur général de l’enseignement catholique annonce vouloir introduire un recours contre un décret qui ferait de son réseau une « victime » de « discriminations »¹.

Rétroactes : en mai 2019 est voté un texte² créant un organisme public chargé de réorganiser l’enseignement officiel (Wallonie-Bruxelles Enseignement). Ce décret permet de délier les pouvoirs régulateur (contrôle) et organisateur qui jusqu’ici étaient dans les mains d’un.e seul.e ministre. Il met de fait tous les réseaux à équidistance du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Or, cette réforme prévoit, pour des raisons de viabilité financière de notre système d’enseignement, le report de l’application des Accords de la St. Boniface. D’où le courroux du SEGEC, sa pétition lancée en avril (« un élève = un élève ») et l’annonce aujourd’hui d’un recours possible.

Ce faisant, le SEGEC joue un jeu dangereux. Ouvrir le débat sur le financement des réseaux en ce début de législature, c’est mettre à mal le processus de réforme globale de notre enseignement. Mais c’est surtout nier une nouvelle fois les spécificités de l’enseignement public qui justifient des modalités de financement particulières.

Car une école confessionnelle, qu’elle soit catholique, protestante, israélite ou islamique, n’égale pas une école officielle, n’en déplaise au directeur général du SEGEC. L’école publique bénéficie d’un financement renforcé pour des raisons objectives :

  1. Ses bâtiments appartiennent au public.
  2. Sa gestion est organisée par des organes publics.
  3. Elle répond au principe de neutralité.
  4. Elle doit organiser des cours de religion ou de morale non confessionnelle à qui le veut.
  5. Elle doit organiser des cours de philosophie et de citoyenneté.

A contrario, l’école catholique ne répond pas à ces critères :

  1. Ses bâtiments sont privés.
  2. Sa gestion dépend d’organes privés.
  3. Elle répond aux missions de l’école catholique qui « a la conviction qu’elle n’humanise en plénitude qu’en ouvrant à Dieu et au Christ³ ».
  4. Elle contraint tous les élèves à suivre des cours de religion catholique.
  5. Elle n’organise pas de cours de philosophie et de citoyenneté.

Alors que propose le directeur général du SEGEC pour atténuer ces différences objectives entre ses écoles et les écoles publiques ? De créer un « cours d’approche systématique de l’enseignement des grands courants religieux et des grands systèmes de pensée » en 5e et 6e secondaires et « le développement de la pratique du dialogue inter-convictionnel ». Or, depuis 2015, et malgré un avis sans concession du Conseil d’État, le SEGEC refuse opiniâtrement d’organiser, dans son réseau, le fameux cours de philosophie et de citoyenneté, cours qui comprend pourtant l’approche du fait religieux et convictionnel, mais de manière rationnelle et non dogmatique.

C’est un peu fort de café de le proposer aujourd’hui comme une solution miracle !

Aussi, notre conclusion est et sera toujours la même, si l’enseignement catholique veut bénéficier des mêmes financements que l’enseignement officiel, il est logique qu’il applique les mêmes règles, surtout quand celles-ci vont dans le sens de l’intérêt supérieur des élèves, car un élève égale un élève.


¹ « L’école libre introduit un recours contre l’inégalité des réseaux », La Libre Belgique, vendredi 23 août 2019.
² Décret spécial portant création de l’organisme public chargé de la fonction de Pouvoir organisateur de
l’Enseignement organisé par la Communauté française – D. 07-02-2019.
³ « Missions de l’école chrétienne. Projet pédagogique des écoles catholiques », 2014, p. 8.

Communiqué publié par le Centre d’Acion Laïque le 23/08/19 – Lien vers l’article: https://www.laicite.be/oui-lecole-catholique-negale-lecole-publique/